
Après le mariage entre Yamaha et Sym, voilà que Kawasaki lance une nouvelle machine dans son réseau conçue sur la base d'un modèle d'une autre marque, le Kymco 300 MXU… Si l’on s’arrête juste à cette information, les « vieux » quadeurs, dont je fais parti auraient tendance à
considérer ce nouveau venu comme un enfant non désiré. Un Taiwanais à la sauce Japonaise (et pas l’inverse) me laisse quelque peu dubitatif. Alors comme rien ne vaut un petit essai, j’ai pu tester ce « nouveau » 300 KVF et voilà ce qui en ressort…
Essai quad : Jumeau, mais pas siamois !
Je vous l’avais déjà souligné sur des essais précédents, les difficultés économiques mondiales n’encouragent pas à la sortie de nouveaux produits révolutionnaires (donc couteux à développer) mais plutôt à trouver des solutions pour faire évoluer les gammes des constructeurs au moindre cout sans pour autant renier sur les qualités de chaque marque. Celà fait apparaitre de nouvelles politiques de fabrication sur les quelles il est bon de s'arrêter durant quelques lignes...
Soupe Chinoise... Kawasaki Heavy Industrie (Japon) a, en 2009, crée une nouvelle entreprise en Chine (encore eux !!), en association (50/50) avec Kwang Yang Engine Co (Taiwan) alias Kymco, la Changzhou Kawasaki and Kwang Yang Engine Co. A savoir également que Kawa travaillait déjà pour ses moteurs avec une filiale de Kymco en Chine depuis 2008. L’objectif étant un partage de technologie sur les moteurs 2 temps et 4 tps monocylindres basiques allant de la tondeuse au quad. Pour se faire, la jeune entreprise a construit dans le pole des hautes technologies (ça rassure…) de Changzhou une usine dernier cri. La production est envisagée à 200 000 blocs moteurs par an afin d’approvisionner les différents points de construction kawasaki répartis principalement au Japon, en Europe et Amérique. Rien n’est donc le fruit du hasard mais correspond bien à une adaptation à long terme du marché mondial. Le décors est posé, alors revenons à notre 300 KVF.
Multi-pass Lors de la news postée sur QuadLib il y a quelques
mois, avec comme seule info une photo à ma dispo, j’avais envisagé en voyant ce
nouveau "kawasaki" que celui-ci allait peut être remplacer l’indestructible 360.
Erreur grossière, car le 300 vient en complément de gamme, plus précisément en entrée de celle-ci. Kawasaki souhaitant séduire une clientèle nouvelle, avec un tarif placé (5299 € en version homologuée), en sachant que jusqu'alors, pour accèder au 360, certes 4x4, il faut débourser près de 8.500 € ! Le KVF 300 est donc la réponse à ceux qui recherchent un quad facile d’accès distillant bien assez de puissance pour qui veut s’amuser tout en restant accessible et sobre afin de plaire également aux professionnels recherchant un quad d’appoint.
Ce Kawa vient de commencer sa carrière outre Atlantique ou il est déjà élu "
quad de l'année 2012". Alors même si par expérience, ce type de prix, décerné au pays du dollars peut porter à caution, faut avouer que ce KVF arrive chez nous avec un cv sucitant un minimum de curiosité...
Génétiquement modifiéMaintenant que ce n’est un secret pour personne, et que nous savons donc qu’il est assemblé par Kymco dans l’usine Taiwanaise sur la base du 300 MXU, il faut bien comprendre que le Kawa suit un traitement de faveur. Afin de respecter un cahier des charges spécifique à sa nouvelle famille d'adoption, il possède sa propre chaine de montage. En conclusion, c’est bien un Kymco MXU japonisé.
Premier objectif : être en accord avec le niveau de qualité propre aux produits nipons.
Le second : lui donner une vraie personnalité par des qualités dynamiques supérieures et un design/gabarit plus « sérieux » identitaire « KVF », notamment avec des plastiques haut de gamme (ça c’est ce qui se voit !). Pour ce qui ne se voit pas, la liste est plus longue. Kawa ayant souhaité l’amélioration des bas et mi-régime, à du travailler sur la courbe de puissance. Il en résulte un réglage de carburation spécifique, un diagramme d’allumage différent, une admission d’air et enfin un pot spécifique. Mais ça ne s’arrête pas là puisque a été aussi revu toujours côté moteur :l’étanchéité, les rapports et la sélection des gammes de la transmission.
Pour le châssis pas mal de correction ont été apportées, les suspensions, la largeur des voies, des renforts sur le châssis, des coques plus enveloppantes offrant meilleurs protections aux éclaboussures (idem pour les marche pieds), une selle plus confortable (mousse et revêtement différents).
Check-Up Au premier regard, grâce au travail réalisé sur les coques, on « voit » que c’est un kawa. La ligne est connue, c’est celle des 650 et 750 KVF. L’ensemble est somme toute bien réussi et donne une certaine dimension à ce 300 en lui conférant immédiatement un statut de « vrais quad ».
Avec ses coques bien enveloppantes, sa ligne au coloris rouge « Aztec » reste des plus réussie (il existe également en « noir super black »), au point d'en oublier rapidement d’où il sort véritablement…. Et ceci à un tel point que si l’on n’est pas averti, la question ne se pose pas, c’est un quad Japonais…
Des stickers, aux look général, tout y est ! Mais en matant de plus près le bloc moteur et le châssis peuvent mettre la puce à l’oreille… En effet ce groupe 4 temps de 271 cm3, au cylindre noir, les trains avant et arrière ont un petit air de déjà vu mais pas sous cette déco, …
Alors quand on commence à zoomer, curiosité oblige, le quaddeur ayant un minimum de bagage décèlera rapidement que le châssis vient également de taiwan. Surtout, malin comme nous le sommes, si l’on scotch notre rétine encore plus près, la griffe du constructeur se dévoile, sous la forme d’un autocollant estampillé : MFD by Kwang Yang Motor Co LTD (pour construit par KY-M-CO) – Modèle KVF 300C.
Classique, sans fioritures... Mais qu’avons-nous réellement en main ? Et bien en statique, il se dégage pas mal de choses de positif pour ce type de produit. Il y a ce dont je vous ai parlé plus haut mais également d'autres petites chôses... Dans la revue de détail, on trouve sur son poste de conduite, un écran LCD, complété de quelques voyants, offrants toutes les indications nécessaires au pilote.
Les leviers de commandes des freins hydrauliques (sur la version non homologuée mis à notre disposition), sont classiques, avec le frein avant à droite, le frein arrière à gauche, doublé par la pédale au pied droit et la commande de stationnement de type cuillère (au guidon).
Les poignées utilisent un caoutchouc de bonne facture, adhérant et souple.
Le démarrage est électrique, pas de lanceur à main de secours (pourtant dispo aux USA), le starter reste manuel.
Le sélecteur de gamme propose une marche arrière, un point neutre, une vitesse longue et une courte.
Côté « sac à main », deux porte-bagages avant et arrière supportant respectivement 20 kgs et 30 kgs, complétés par deux petits vide-poches. L’un, sans couvercle, sur la coque droite, l’autre, fermant, logé sur l’avant.
Ce dernier permettant tout de même de recevoir la petite trousse à outils de série et vous laissant de la place pour rajouter éventuellement une corde, un kit anti-crevaison... Un prise extérieur 12 v, vous permettra de brancher du petit matériel électrique tant que cela ne dépasse pas 120w. La selle est de bonne facture, mais n’est pas aussi spacieuse que sur les autres machines de la marque.
Sous celle-ci, on accède facilement au filtre à air en mousse ainsi qu’aux fusibles et à la batterie, c’est simple, bien foutu. Les marche-pieds sont à l’image des coques, enveloppants. Ce qui est encore un plus pour protéger le conducteur et son éventuel passager.
Pour le châssis, rien de transcendant, double triangles à l’avant et bras oscillant/arbre rigide à l’arrière. La transmission est à cardan, ce qui simplifie énormément l’entretien.. Deux fixations intéressantes, mais sans l’objet de leur vocation, à savoir un point d’ancrage pour recevoir une boule d’attelage (227 kgs de traction) et des supports pour un éventuel treuil… Les pneumatiques, Maxxis, ne font pas honte à l’ensemble (AT 22-7x10 et 22-10x10), les profiles plats à l’arrière laissent entrevoir un plus en stabilité et une bonne aptitude à jouer une petite carte « sport » si l’humeur vous en dit,. Le châssis est légèrement protégé par une « skin plate ».
Contact Démarrage facile, sans starter (il ne faisait pas froid). L’utilisation du sélecteur de gamme n’est pas aussi agréable que sur les autres KVF, mais n’en demeure pas moins très convenable.
Seul, à l’usage et dans certaines conditions, le passage de la gamme rapide à lente aurait tendance à accrocher. Ce n’est pas flagrant mais cela peut énerver quand on est planté et qu’il faut batailler quelques secondes pour se sortir d'une position délicate… L’assise est bonne, les commandes tombent bien, le guidon offre une position plutôt haute. En roulage le variateur reste bruyant et le moteur donne l’effet de forcer dans les moyens régimes. C’est plus désagréable en tant que bruit plutôt qu’en efficacité puisque ce groupe moteur/variateur (22ch à 7500 trm) s’en sort plutôt honnorablement et montre même une réelle vivacité pour une machine de ce niveau.
Roule, tourne, freine, grimpe et amortis... Du coup, le KVF 300 semble jouer de sa polyvalence. Somme toute maniable, avec un bon rayon de braquage, il sait jouer du roulage sur un filet de gaz tout en douceur et offre de bonnes accélérations au point d’avoir rapidement envie de le mettre en glisse… A ce jeu, il ne démérite pas mais attention au train avant, qui si il assure bien son boulot de guidage sans réactions vicieuses, les amortisseurs avant ont tendance, sans talonner, à s’affaisser en virage, ce qui pousse facilement le KVF sur deux roues…
Heureusement, même dans cette position prise sans malice, le pilote pourra soit continuer à jouer de l’équilibre (l’ensemble restant sain) ou au contraire rapidement reposer ses 4 roues au sol.
Les amortisseurs, justement, toujours un des points faibles sur les quads, avec leurs ressorts réglables en pré-contrainte, ils font leur travail convenablement. Pas de talonnage, pas de coup de raquette après une saignée. Ils contribuent à l’homogénéité de l’ensemble.
Encore un bon point, le travail de Kawa sur ces éléments n’est sans doute pas étranger à ce comportement rassurant.
Pour le freinage, il n’est pas à remettre en cause dans son ensemble. Le 300 freine bien aux deux leviers, il y en a bien assez pour stopper les 242 kilos (12 litres du réservoir compris). Je regrette juste la taille un peu trop importante des leviers (pas un cadeau pour les petites mains, les filles devront s’y faire) et le manque d’efficacité de la pédale qui commande également le frein arrière. Malgré qu’elle soit en tout hydraulique et copieusement écrabouillée par mon 44 fillette, son maitre-cylindre est carrément un gros feignant.
En franchissement, le Kawasaki KVF 300 s’en sort pas mal, le moteur reste suffisamment pêchu toujours bien secondé par son vario pour peu que l’on n’hésite pas à utiliser la gamme courte (vraiment utile). Mais il ne faut pas perdre de vue que les roues de petit diamètre (10 pouces) et les pneus arrières à profil plat limiteront vos exploits face à un terrain glissant et à des obstacles tel que rondins ou gros cailloux (je n’ai pas dit arbres et rochers, on reste dans le raisonnable hein ??!!)… Il en va de même côté frein moteur, inexistant en gamme longue, à peine présent en courte, ce « frein » disparait totalement lorsque le variateur débraye à bas régime… Donc gaffe en descente ou avec une remorque au cul, il faut garder un filet de gaz…
Agréable Au final, ce Kawasaki KVF 300, malgré son pédigrée
possède une identité propre. Il propose, en se
démarquant du MXU, des performances et un comportement sain
totalement accessible, le tout enrobé dans une robe sympa. Il joui également de l’historique du Kymco qui existe depuis le milieu des années 2000. Le moteur connu et fiable rajoute un plus indéniable en rassurant des clients toujours inquiets quant à la fiabilité de leur nouvelle acquisition. Un garantie 2 ans complète d’ailleurs le tableau. Il est par contre regrettable que le tarif du KVF (4158 et 5299 € en version homologuée) soit aussi élevé comparé à son frère jumeau (mais pas siamois !), soit près de 1000 € de plus ! Surtout quand il est proposé sans treuil, ni boule d’attelage (contrairement au MXU). Cette différence s’explique sans doute par le rajout des améliorations diverses apportées par Kawasaki... Il reste donc à se poser la question, comment motiver les futurs acheteurs, le prix étant souvent un levier efficace pour valider une vente… Du boulot en perspective pour les concessionnaires du réseau…
Quelques infos techniques vérifiées QuadLib Hauteur/Longueur/Largeur : 117/190/108 cm
Hauteur selle sol : 84,5 cm
Hauteur selle Cale-pieds : 53,5 cm
Largeur voie avant : 103,5 cm
Largeur voie arrière : 108 cm
Garde au sol mini : 15,5 cm
Diamètre de braquage : 420 cm
Vitesse max 76 kmh/GPS pour 81kmh compteur.
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