Écrit par Xavier Rouchouse Vendredi, 30 Septembre 2011 17:20 (2804 hits)
Profitant de la dispo du nouveau 500 Suzuki lors du Kenny Festival, j’ai pu faire un petit galop d’essais avec ce nouveau jouet présenté comme un bon à tout faire à un prix attractif. Sans fioritures, pas de gadget à gogo, ni de gros pneus et encore moins de déco de kéké. C’est du simple, limite cheap au premier coup d’œil. Sauf qu’en s’approchant on se rend compte que ce demi portion (une portion équivaut à 1000 cm3 !!!) cache une direction assistée, 4 roues indépendantes et , comme tous les Suzuki, un moteur moderne à injection…
Avec l’arrivée de ce nouveau modèle, Suzuki propose une gamme quad des plus complètes dans le créneau des utilitaires randonneurs. Des « petits 400 » (automatique ASI ou semi auto FSI), au gros 750, le nouveau 500 AXI trouve naturellement sa place en milieu de gamme. Il est la conséquence quasi logique, du moins en partie, d’une conjoncture économique mondiale difficile, et d’une prise de conscience (enfin ???!!!) des Nippons, qui souhaitent proposer une alternative sérieuse aux quads venant des autres pays asiatiques. En effet, une bonne part de leur clientèle potentielle (nouveaux quadeurs), est en partie passée depuis plusieurs années, parfois même sans avoir osé pousser la porte d’un concessionnaire Japonais (Arrrgll insupportable !!), chez Kymco, TGB et autre marques.
Ces nouveaux pratiquants, ont sans aucun doute été séduits par le son du pas cher mais gros/beau/suréquipé quad Taiwano-Coréen. Si, au fil des années, ces clients évoluent, suite à la pratique assidue du 4 roues, ils s’aperçoivent souvent qu’un quad ne se résume pas forcément à du « pas cher mais gros/beau/suréquipé ». En effet, bon nombre, à force de randonner avec des potes qui roulent « Jap » ou Nord-Américain, ont fini par s’apercevoir qu’un quad c’est avant tout, une partie cycle et un moteur, les paillettes c’est secondaire… Mais comment rattraper ces clients (brebis ???) « Égarés » ? En proposant des machines aux prix plus abordables (mais ne rêvez pas quand même)…
Comme d'un commun accord, tous s'y mettent. Nous l’avons vu récemment avec l’essai du Kawa 650, nous le verrons bientôt avec Polaris. Chacun, afin de réduire ses coûts de fabrication, a ses astuces. L’un utilise différents éléments existant, châssis d’un côté, moteur piqué ailleurs (exemple le 650 Kawa IRS, moteur ancien 650, cadre du 750), l’autre continue à sortir des anciens modèles mais à des prix canons (nous le verrons d’ici quelques temps avec Polaris) puis enfin, c’est le sujet d’aujourd’hui, Suzuki, peut-être un peu plus « couillus » par les temps qui courent, conçoivent une nouvelle machine en remplacement du KingQuad 450. Pour toutes ces engins, bien souvent la barre fatidique du prix de vente se trouve très proche des 10 000 €… C’est le cas du Suz qui flirte avec 9700 € en version homologuée. Mais à ce prix qu’avons-nous réellement ?
C’est certain, la version essayée, en vert « armée », ne risque de ne faire jubiler qu’un ancien béret vert, ou un chasseur sachant chasser sans son chien (redite le, z'avez bafouillé là !!!)… Mais il existe d’autres coloris comme le camo, le rouge et très bientôt le jaune.
Bon on arrête de parler chiffon, on soulève la robe de la dame et on s’intéresse à ce qu’elle cache. Tout d’abord, comme tous les quads chez Suzuki, le moteur est à injection. Si, ça enlève à certain les grandes joies du bidouillage de gicleur, l’injection apporte des avantages non négligeables. Un démarrage facile quel que soit les conditions météo, froid, chaud, humide ou sec le calculateur s’en fout ! Un moteur souvent plus rond, plus progressif, mais malgré ce que l'on vous dit, pas forcément plus puissant (ahhh ces commerciaux !)... Fini le pot qui ratatouille dès qu’on prend de l’altitude, le calculateur et ses sondes gèrent encore tout… En résumé, la machine est plus agréable. Et j’oubliais, avantage (affectif) ou inconvénient (pépettes), le côté humain. En effet, sans que vous le vouliez forcement,l’injection relie les hommes en vous rapprochant obligatoirement de votre concess le plus proche, vu qu’en cas de panne, comme en voiture, c’est lui qui possède la mallette pour triturer "l'électronique embarquée". Cherchez pas, il n'existe toujours pas d'appli pour votre smartphone…
Passons rapidement au train arrière. Il est de type indépendant, c’est-à-dire que vous avez deux triangles et un amortisseur par roue. Du coup, on gagne en confort, en motricité et en tenue en dévers. Tout ça sans baratin commercial, car c’est efficace et palpable par n’importe quel pilote.
Passons sur l’avant, avec sa direction assistée. Mon avis est que toute machine de ce créneau doit maintenant être équipée de cette option. Le quad devient plus facile, même si pour certains bûcherons, lancés à haute vitesse, la légèreté au guidon crée quelques picotements à la base de la nuque et un fond d'huile ailleurs … Il faut certes s’habituer à cette nouvelle donne, mais encore une fois, quel confort et que d’énergie économisée quel que soit l’utilisation ! Avouez que c’est pas mal comme équipements ! Surtout que ce n’est que de l’utile, du pratique et de l'agrément...
Une machine homogène
Quand on fait le tour du 500, il donne un effet de sobriété, simple, limite déjà vu. On se sent chez soi ! Car, encore une fois, tout tombe bien sous la main, les pieds ou les fesses ! Le guidon, haut, offre une bonne ergonomie. Les marches-pieds, les protections latérales du moteur ainsi que les coques protègent très correctement le pilote. Les gammes courte, longue, neutre, marche arrière, placées à main gauche, s’enclenchent convenablement. Même si ce n’est pas un vrais biplace, la selle est suffisamment longue pour rouler à deux et les portes bagages demeurent classiques mais font leur boulot. Il est à noter que les jantes sont en aluminium, ça fait toujours quelques kilos de gagnés. A ce sujet, le KingQuad affiche 300 kilos avec ses pleins, ce qui reste dans la bonne moyenne des quads Japonais et encore une fois met la pilule aux voisins pas cher/gros/beaux/suréquipés qui tournent plus près des 350/400 kilos ! Notez la différence, quand on sait que le poids est un ennemi sournois. Voilà sans doute une des explications pour les quelles sur le terrain ces machines ne réagissent pas de la même façon. Oui, je sais, un quad Japonais, remmené au prix du kilo reste plus cher…
Tours de roues partagés
Un des avantages dans une grande manifestation comme la Quadrezienne, c’est que l’on rencontre du monde… Du coup, pour cet essai, je me suis « branché » avec un couple de jeunes mariés (sacré voyage de noces !! ) et leur ai proposé de faire des tours avec le Suzuki. Monsieur et madame, alias Huguette et François Dufour, agriculteurs et utilisateurs de quads au quotidien (3 machines à la ferme !), ont pu tailler de la piste quelques kilomètres afin de donner leur avis à chaud surtout qu’ils sont habitués à rouler sur des 700 Grizzly (ils connaissent donc la Da, l’IRS, les moteurs à injection et un quad Japonais).
L’avis de François, qui a 46 balais et qui quade (du verbe "quader") depuis 19 ans !
Après quelques tournicotons dans les bois creux du Limousin et avoir posé le Suz sur le flanc gauche (le rocher était un poil velu !), François estime que c’est une machine facile, accessible à tous, passe partout mais manquant de rayon de braquage (j’ai l’explication…), ne possédant pas les meilleurs pneumatiques (gonflés à 350 gr). Des suspensions plus fermes que leur 700. Une bécane Sympa, à l’aise en rando, mais plus à sa place comme véhicule d’appoint ou sur une exploitation agricole.
L’avis d’Huguette, pilote quad depuis 7 ans…
Au final après quelques tours sur la zone d’essais et ses 100 virage, deux tours sur une spéciale banderollée en envoyant la purée, Huguette le trouve confortable, bien que ferme, moins « bateau » que son Grizzly, il tourne bien dans le serré (tiens, première discorde dans le jeune couple ??? Le poids de madame aurait-il une importance ??), il est facile à conduire.
L’avis du « journaleu »
Pour ma part, je les rejoints, c’est une machine à la prise en main facile, au moteur rond, coupleu et pêchu. Les suspensions sont étonnamment efficaces pour une monte de série. Elles absorbent très bien les petits chocs qui d’habitude martyrisent les bras et font preuve d’un bon taux de compression sans talonner par surprise. Le rayon de braquage est des plus correct, les passages dans le technique, comme toujours sur ce type de quad est une formalité (on apprécie la DA et le poids raisonnable..).
Les pneus par contre ne sont véritablement pas terrible, ils manquent de grip, faute à ces crampons en V. Un conseil, usez les au plus vite et changez de monte ! Pour ce qui est des avis partagés entre les deux jeunes tourtereaux, la différence provient du gabarit des deux pilotes. En effet, comme la plus part des randonneurs (et c'est un défaut majeur), François et Huguette ne se déplacent pas sur leur machine suivant les variations du terrain. Ils ont une position neutre guidée par la longueur de leurs bras… Du coup, Huguette est assise plutôt sur l’avant (gabarit moyen), alors que François profite de la longueur de la selle (bien plus longue que sur son Yam) pour se poser bien sur l’arrière du fait de ses bras longs… Du coup l’avant n’est que peu chargé en virage, d’où le flottement de la direction… Pour faire simple (et efficace), en virage, quel que soit le pilote, on charge l’avant non de non !
Le seul bémol, les pneumatiques...
Au final, discret dans son apparence, ce nouveau KingQuad 500AXI n’est pas là pour faire tourner les têtes mais bien pour seconder au mieux son utilisateur. S’il ne possède pas un caractère bien trempé, il n’en demeure pas moins efficace, accessible en ménageant son pilote. Un quad, roule toujours, qui devrais faire quelques heureux quel que soit son type d’utilisation. Du randonneur voulant évoluer vers une bonne machine sans y mettre 14 000 €, à l’agriculteur, souhaitant une machine très polyvalente et nécessitant que peu d’entretien. 7899 € TTC (non homologué) c’est le prix à payer si vous voulez le 500 sans la direction assistée, car cette version, non essayée, est au catalogue. Est-ce que 600 € de plus justifient la DA, cela reste un choix de budget, car sur le plan technique il n’y a pas à hésiter ! Le Suzuki 500 AXI est un investissement raisonnable pour un résultat dynamique des plus convaincants.
Fiche Technique :
Type de moteur : Monocylindre 4t, refroidissement liquide
Alimentation : Injection électronique
Cylindrée : 493 cm3
Puissance : nc
Couple : nc
Boîte de vitesse : Automatique avec rapports courts et longs + marche arrrière
Cadre : Treillis tubulaire acier
Frein avant : Double disque, commande hydraulique
Frein arrière : Multidisque en bain d'huile
Suspension avant : Indépendantes, double triangulation
Suspension arrière : Indépendantes, double triangulation
Longueur : 2 115 mm
Hauteur de selle : 920 mm
Garde au sol : 260 mm
Empattement : 1 285 mm
Pneu avant : AT25x8-12, tubeless
Pneu arrière : AT25x10-12, tubeless
Réservoir : 17,5 L
Poids tous pleins faits : 300 kg
Tarifs : 8499 € TTC, rajouter environ 1200 € TTC (RSR)
Remerciements :
- A l’équipe Suzuki France pour leur disponibilité
- A Huguette et François Dufour pour leur gentillesse de vrais passionnés.
